Histoire de la maison Canale, de 1827 à nos jours

 

Histoire de la maison Canale

De 1827 à nos jours

Ci-dessous l'extrait du magazine de découverte "Paname" sur France 3.
Découvrez une partie de notre atelier-boutique du quai de l'horloge.

VIDEO de l'Atelier des Médailles Canale à Paris

Les immeubles du quai de l'Horloge ont deux façades, une sur le quai, l'autre sur la place Dauphine. En 1777 cet immeuble, qui avait plus d'un siècle et demi d'existence, fut acheté par Claude Etienne de la Frenaye dans le but de le reconstruire. Il fut rebâti en 1780 sur les gros murs de l'ancienne maison, qui avaient été conservés.

Dans cet immeuble habita, au premier étage au-dessus de l'entresol, le maître graveur Gatien Philipon (ou Philippon); sa fille Manon Roland y naquit en 1754. Elle épousa en 1780 Jean-Marie Roland de la Platière. Manon avait reçu une très complète instruction, elle était très indépendante d'esprit, à la fois raisonnable et romantique. Cette femme, qui fut admirée de son vivant et aussi après sa mort, n'habitait plus 37 quai de l'Horloge lorsqu'elle fut arrêtée en juin 1793. On sait que Mme Roland écrivit ses mémoires dans sa prison et qu'elle présenta elle-même sa défense devant le Tribunal qui devait la condamner à être guillotinée. En passant devant la statue de la Liberté, elle prononça la phrase encore dans toutes les mémoires : « Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom. »

Toujours au 37 du quai de l'Horloge, Durant fonda en 1827 un atelier où l'on exécutait tous les travaux de gravure : chiffres sur pièces d'orfèvrerie, sur bagues, armoiries, etc. En 1852, il prend un associé et, de 1852 à 1863, c'est Durant et Monnehay ; de 1863 à 1899 Monnehay est associé à Godard qui est le premier à éditer des médailles religieuses et de baptême ; et Godard seul de 1899 à 1912. Godard avait adjoint à l'atelier de gravure des éditions de médailles.

Enfin, en 1912, lui succède Victor Canale qui devait, dans les années qui suivirent la guerre 1914-1918, donner à cette maison un très grand essor. En 1969, leur fils Philippe, ancien élève de l’Ecole Boulle et de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs prend la suite, jusqu’en 1997 où il cède sa place à son dernier fils Dominique, qui dirige l’entreprise depuis 1992.

Histoire médailles Canale depuis 1827

 

Victor Canale - Maison médailles Canale

Biographie de Victor Canale par Henri Dropsy.

 

Né le 15 novembre 1883 à Neuilly, de parents corses, Victor Canale était le second d’une famille de 6 enfants.

Il fut élève du Collège Sainte-Croix à Neuilly et il y eut, un temps, pour condisciple Sacha Guitry.

Manifestant de bonne heure du goût pour le dessin et la peinture, il entra à l’atelier de décoration de l’École Bernard Palissy, école pour l’application des Beaux-arts à l’industrie, que fréquentaient à la même époque le graveur Daragnes, le peintre émailleur Frémont, les sculpteurs Leyritz et Navarre, le décorateur René Prou, etc. Ensuite, il suivit les cours des Arts décoratifs et travailla dans l’atelier du sculpteur Théodore Rivière.

Esprit curieux des différentes façons de s’exprimer dans plusieurs matières, très adroit, homme de goût et d’esprit, autodidacte : il pressentait, devinait, inventait.

Il se dirigea un peu tard vers la médaille, qui le conquit entièrement, et à laquelle il consacra alors tout son temps. C’est ainsi qu’il fit, entre autres, les médailles du Circuit de l’Est, les portraits de Pugno et de Nadia Boulanger. Les sœurs de Canale étaient pianistes tandis que lui jouait de l’orgue.

Malheureusement, son père mourut assez jeune ; il dut alors abandonner l’art de la médaille et travailler.

Il entra à la maison Godard et retrouva, d’une autre façon, ses chères médailles.

Il se maria. De son premier mariage, il eut une fille Charlotte, qui fut mon élève à l’École des Beaux-arts, et épousa Raymond Corbin qu’elle connut à l’atelier, et un garçon Jean, professeur agrégé d’histoire et de géographie, plusieurs fois lauréat au Concours Général.

D’un second mariage (1935) est né un fils, Philippe, qui, après des études classiques au Collège Sainte-barbe, fit l’atelier de gravure sur acier à l’École Boulle et termina par l’École Nationale Supérieure des Arts décoratifs : il continuera sur les traces de son père dont, après sa mère, il reprendra l’œuvre.

Après les bouleversements engendrés par l’épouvantable cataclysme que fut la Première Guerre mondiale, Canale comprit qu’il fallait tenter de réaliser ce que les jeunes médailleurs souhaitaient dès avant la guerre, une rénovation de leur art.

Canale, comme nous, sacrifia à cela son temps et ses forces.

Il était l’éditeur de Roty Ponscarme, Chaplain, Nocq, Yencesse, J. B. Dropsy. Il continua à développer ses éditions avec Dammann, Pommier, Blin, Peter, Delannoy, Desvignes, Daniel-Dupuis, Lenoir, Dautel, Charpentier, Bouchard, Briquemont, Bourgoin, Pierre Roche, moi-même et d’autres encore.

Il organisa dans son magasin quelques expositions, commença l’édition d’un album des Médailleurs contemporains.

Ces efforts n’ont pas été vains : la transformation et l’élan qui se sont manifestés en France à cette époque dans l’art de la glyptique l’ont été, en partie, grâce à Canale.

Il était aussi un étonnant artisan, doué d’un esprit inventif toujours en éveil. Il a entrepris et mené à bien de nombreuses recherches : plats repoussés, gravure mécanique de lettres, fontes d’étain, fontes de bronze -il avait travaillé la fonte avec Liard - patines de médailles, édition de médailles sur socles, etc... Ciseleur et orfèvre, il exécuta également des plats d’argent et des épées d’académiciens, dont quelques-unes suivant ses propres maquettes.

Ayant fait le tour de l’édition en métal, il s’attaqua à la terre et interpréta, notamment, mes médailles en terre cuite émaillée, comme il fit des rondes bosses avec Muller.

Esprit désintéressé, il ne s’attacha guère à l’exploitation rationnelle de ses créations.

De nouveau la guerre de 1939-1944 marque une période de demi-sommeil, et il faut attendre 1946 pour que le rythme reprenne, avec des modifications dans le type de clientèle. En effet, les collectionneurs de médailles d’art ont disparu, et par contre se développent fortement les médailles d’entreprises et d’anciennetés.

A la suite d’un accident, en 1948, il dût cesser toute activité. Sa femme, qui assumait déjà la partie commerciale, pour laquelle il avait peu de goût, et qui s’était formée à ses côtés, se chargea du tout, aidée en cela par la précieuse collaboration d’un personnel restreint, mais dévoué et polyvalent. Victor Canale est mort en 1959, laissant une maison importante qui possède, à côté d’une collection de médailles, religieuses et profanes, traitant, dans tous les métaux, des sujets les plus divers, des médailles de série pour les baptêmes, mariages, etc., des modèles de terres émaillées : chemins de croix, christ en croix, signes du zodiaque, les saisons, et bien d’autres motifs encore.

Tandis que le dictionnaire Littré donne cette définition de la médaille : « pièce de métal qui représente le visage de quelque personne célèbre ou quelque événement extraordinaire », le dictionnaire Larousse ajoute : « pièce de métal représentant un sujet de dévotion ou donnée en prix à certains concours publics ». De l’un à l’autre, en un quart de siècle, se marque une évolution, une extension du domaine de la médaille : notre époque a largement poursuivi ce mouvement et Canale est l’un de ceux qui travaillèrent le plus activement à une telle extension.

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Victor Canale à droite dans l'atelier de gravure du quai de l'Horloge.


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